Quelle est la question que les journalistes te posent le plus souvent en ce moment ?
" C'est un peu le spectacle de la maturité, non ? ", alors que pas du tout, avant que je devienne "mûr", il va falloir qu'il s'en passe des choses !...
Et puis on me demande aussi :
" Pourquoi gagnez vous autant d'argent ? Et plus d'argent que des très grands comédiens ? ".
Alors tu leur réponds que c'est comme Zidane avec les autres joueurs de l'équipe de France : il n'y a que d'excellents joueurs dont un, encore plus extraordinaire.
J'aime beaucoup ton image... Elle me plaît beaucoup cette métaphore (Rires) ! Non, mais j'aimerais mieux que les journalistes m'interrogent sur mon spectacle !
Justement, parlons d'abord de l'écriture, on écrit pour toi ?
On n'écrit jamais pour moi, à part au cinéma. On écrit avec moi. Sur scène, je veux être le plus naturel possible, j'ai besoin d'habiter le texte pour donner le meilleur. Peu de gens ont " la musique " et sont capables d'écrire : Kader Aoun (qui a co-écrit le spectacle), Alain Chabat ou Jean-Pierre Bacri.
Dans l'aventure des préparatifs de ton spectacle, quels sont les pires moments ?Le plus dur, c'est l'attente de monter sur scène. Et comme c'est mon second spectacle, c'est encore plus difficile. Pour le premier, j'avais une certaine nonchalance et de la désinvolture, pour le second les gens s'attendent à quelque chose, or je sais que je vais les surprendre, j'espère donc ne pas les décevoir...
Oui, mais tu bénéficies quand même d'un public totalement acquis à ta " cause "...
(Sourire) Oui, disons que je vais bénéficier lors de chaque représentation de 5 minutes de grâce... Il est vrai que c'est un luxe, parce que je me rappelle au Trévise, à l'époque des "Scènes ouvertes", Dany Boon arrivait et n'avait qu'à ouvrir sa veste pour que tout le monde éclate de rire pendant que nous, avec Eric et Ramzy, on ramait... Finalement, mon premier spectacle, c'était un peu comme une introduction, maintenant je rentre dans le développement, et je vais dans les années qui viennent essayer de décaler le plus loin possible la conclusion...
Et quel est le meilleur moment ?
Lorsque mon spectacle aura trouvé sa vitesse de croisière.
Quel est le film que tu regrettes avoir refusé ?
Aucun ! Malheureusement...
Et celui dans lequel tu regrettes de ne pas avoir joué ?
"48 heures ", "Un fauteuil pour deux", "Scarface", "Les affranchis" ou "Gladiator" !
Gladiator ? Dans le rôle d'un tigre ?
(Rires) Non, j'aurais fait un super fourreau... ou un centurion qui ne sait pas se battre.
Revenons à ton actualité. Fais la promo de ton spectacle en quelques mots :
Retrouvailles, règlement de comptes, mise au point, accrochages, amour, famille, famille, famille...
Y-a-t-il un truc que tu apprécies chez les autres mais pas chez toi ?
(Réflexion) Les tatouages ! D'abord parce que mon père m'aurait défoncé, et puis je n'ai pas le corps fait pour... Si t'es gaulé comme Sim, le tatouage, c'est ridicule !
Parmi toutes les qualités que l'on te trouve, quelle est celle qui est la plus vraie ?
C'est super dur ce que tu me demandes, de réfléchir sur moi ! On dit souvent que je suis "extraordinaire", et ça c'est vrai ! (Eclat de rires)
Non, mais sérieusement...
C'est peut-être la générosité, parce qu'il y a toujours du monde autour de moi. Mais franchement, je n'ai aucun mal à être généreux, qu'est-ce que je ferais tout seul dans un jet privé ?
Et la qualité que l'on te prête mais que tu n'as pas vraiment ?
De ne jamais avoir peur ! Alors que c'est mon moteur. J'entends souvent "t'inquiète pas, il va improviser, il n'y aura aucun problème". Mais je ne connais personne qui ait la grâce naturellement ! Avec Adriana Karembeu aux Césars, 85 % de la scène était écrite et 15 % était de l'illusion et de l'impro, c'est ce qui donne le charme.
Dans la peau de quelle femme aimerais-tu passer 24 h ?
Une "meuf" qui puisse faire faire n'importe quoi à n'importe quel mec !
Si demain, tout s'arrêtait : comédie et cinéma, que ferais-tu ?
Je ferais comme Depardieu ! (Rires) J'élèverais des poules avec Bourgouin, je ferais du vin en Algérie et du pétrole avec Castro !...
Qui ne pourrait-on pas te soupçonner d'admirer ?
Jean-Sébastien Bach. Je me surprends à écouter Bach après NTM ! Egalement, le cinéma italien des années 30. Et puis un vieux qui habite dans mon quartier et que personne ne peut voir.
Et de ne pas apprécier ?
Il y en a tellement ! Beaucoup de gens connus et appréciés sont "anodins".
As-tu déjà fait un vrai caprice de star ? (Si oui, lequel ?)
Oui ! Sur Astérix, j'ai demandé une villa avec piscine, vue sur le lac et quinze chambres, pour faire venir soixante potes.
Quelle est la " question à la con " que tu ne veux plus jamais que l'on te pose dans la rue ?
" Dites moi pas que c'est pas vrai ? ". Encore que ça ne m'ennuie pas plus que ça.
Ce que je ne supporte pas, ce sont les gens qui s'approchent et qui me touchent le visage. Ils ont l'impression que je suis un jouet ! Je te jure, je ne suis pas une bouteille de ketchup...
Quelles sont les 3 questions que tu te poses encore sur toi ?
Est-ce que je vais tenir physiquement ?
Est-ce que je vais amuser longtemps ?
Est-ce que je vais m'amuser longtemps ?
Ton dernier geste en te couchant ?
Je ne peux pas te le dire...
Ton premier geste en te levant ?
J'appelle mon frère, pour savoir si tout roule.
Ton plus grand fantasme avouable ?
Deux " meufs " dans une Between (New Beattle) !
Tu l'as déjà fait, non ?
Je te jure que non ! Mais un soir, je suis rentré dans ma chambre d'hôtel, c'était comme dans les films, les filles avaient dû s'arranger avec le concierge de l'hôtel et tiens-toi bien, j'arrive dans ma chambre... Deux s¦urs jumelles ! Il faut savoir que je suis particulièrement sensible aux dessous et elles étaient en Victoria Secret, dans mon lit...
Et alors ?
Secret ! (Rires)
Non, je n'ai rien fait, j'étais en couple à ce moment-là.
Aurais-tu aimé interpréter le personnage d¹Astérix ?
Jamel : Oui, cela m'aurait beaucoup amusé : Jamel Debbouze incarnant un ancêtre gaulois ! Mais je pense que je convenais mieux pour le rôle de Numérobis. Il ne faut pas oublier que j'avais fait mes études d'architecte, à Architecteville, près de Louxor.
Alain Chabat a donné dans son film la possibilité à ses acteurs de jouer leur propre rôle. Vous faîtes du Jamel dans Mission Cléopâtre...J
amel : Oui, Alain a été carrément sympa avec moi ! Il m'a servi la soupe. La potion magique déjà ! Mais comme il me connaît bien, il a été royal : il a entièrement écrit le rôle pour moi, même les fautes de français, de prononciation.
Avez-vous eu des moments d'improvisation ?
Jamel : Oui, par exemple, la scène où l'âne ne veut pas avancer. Pourtant, avec un nom comme ça (Cannabis), on aurait dû prévoir qu'il ne partirait pas au galop. Mais il y en a d'autres. Car moi, j'en rajoute tout le temps. On déconnait pendant les prises et entre les prises. Alors, impossible de faire la part entre le travail et la rigolade.
Penses-tu que tes gags sont compatibles avec ceux du duo Clavier/Depardieu ?
Jamel : Tout à fait. Il n'y a pas deux écoles d¹humour. On a tous fait bloc autour d'un même projet. On a donc fait en sorte qu'il n'y ait pas de rivalités.
Pour toi, avoir du talent, c'est quoi ?
Jamel : Pour moi, avoir du talent c'est se démarquer, c'est réussir là où les autres échouent et le faire en mieux. C'est mieux jouer au foot, mieux sourire, réussir à être plus sympa. Avoir un talent artistique, c'est réussir à tenir et retenir des gens. Mais, savoir pourquoi on a du talent ? Je me suis souvent posé la question, tout seul, comme un « ouf », dans ma voiture : pourquoi certains personnages réussissent mieux que d¹autres ? Pourquoi Zizou joue mieux au foot que Leboeuf ? Là, je ne sais pas.
Quelles scènes as-tu préféré ?
Jamel : Il y en a plusieurs. J'aime bien celle où j'imagine comment sera construit le palais ou le combat d'arts martiaux entre Gérard Darmon et moi. Je me suis aussi éclaté au moment où Cléopâtre demande que l'on me couvre d¹or. C'était une sensation super agréable. C'est comme si on te renversait plein de pois-chiches dessus.